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Aménagement et urbanisme

En Amérique du Nord et particulièrement dans les villes jeunes, l’urbanisme et l’aménagement sont entièrement constitués selon l’utilisation de la voiture.

grand stationnement sans espace piétonnier
Les rues sont larges et peu aménagées pour les piétons et les cyclistes, les stationnements sont vastes et les services (épicerie, cinéma, pharmacie, commerces…) sont espacés dans la ville. Les maisons sont séparées des rues commerciales et des secteurs industriels où se trouvent une majorité d’emplois ce qui entraîne nécessairement l’utilisation de la voiture. À ceci s’ajoute l’idéal de la maison unifamiliale avec un grand terrain sur une rue résidentielle ou en banlieue, le rêve américain. Les nouveaux quartiers sont d’ailleurs souvent aménagés pour que les rues ne soient pas en quadrilatère, ce qui réduit le trafic indu, mais qui allonge considérablement le parcours pour quitter le quartier et se rendre ailleurs dans la ville. Les villes sont aménagées pour des propriétaires de voitures.

Maintenant que nous connaissons les désavantages de l’utilisation de la voiture pour tous les déplacements, les campagnes de sensibilisation au transport actif et à l’utilisation des transports en commun battent à plein. À juste titre puisque l’utilisation de la voiture pour tous les déplacements accentue les problèmes d’obésité et de mauvaise condition physique de la population, elle augmente les problèmes de santé liés à la qualité de l’air (l’asthme en autre), de stress dû au trafic et à la rage au volant, et le nombre annuel d’accidents impliquant une voiture engorge toujours les hôpitaux. Il va sans dire que la forte utilisation de la voiture est aussi responsable de plusieurs répercussions sur l’environnement, comme l’émission de gaz à effet de serre, les scissions de territoires fauniques, les nombreux décès de certains animaux (il s’agit de la première cause de mortalité de nombreux animaux dont les amphibiens, les écureuils, les porcs-épics, etc.), le pavage à grande échelle qui accentue la pollution de l’eau et la dégradation des sols limitrophes, la pollution par le bruit qui affecte la faune, les corridors de vent et les particules toxiques émanant des véhicules qui affectent la flore, etc. Finalement, l’aménagement comme on le connaît en Amérique du Nord engendre une étendue considérable du territoire urbain en dépit des espaces verts et agricoles. Elle est souvent faite au détriment des cours d’eau et tourbières qui sont déviés, remplis, réaménagés de manière non naturelle ce qui cause des inondations, de la pollution de l’eau, des terrains instables, une destruction des écosystèmes…

Alors que la popularité du transport actif et du transport en commun est en ascension, l’aménagement pour répondre à la demande est plus difficile à instaurer. En effet, il est possible de peinturer des lignes dans les rues pour les pistes cyclables, mais les distances sont toujours aussi grandes et la sécurité du cycliste ou du piéton n’est pas facile à mettre en place. Pour le transport en commun, les coûts sont supérieurs pour un trajet qui prendrait le même nombre de passagers que dans une ville densifiée. En Amérique du Nord, la plupart des systèmes de transport en commun municipaux ne sont pas rentables, donc difficiles à instaurer. Le virage pour réduire la présence de la voiture dans les jeunes villes est donc laborieux.

Par ailleurs, lors de la construction de nouveau quartiers et lors de la rénovation de certains immeubles, l’aménagement peut être repensé pour réduire la dépendance à la voiture. La construction d’immeubles d’habitation plus densifiés, de rues partagées pour offrir une place sécuritaire aux piétons et cyclistes et orientées vers le sud pour accentuer l’utilisation d’énergie solaire passive, le verdissement des stationnements et l’aménagement d’une rue principale commerciale où tout est à distance de marche sont des changements dans l’aménagement qui permettraient de réduire l’utilisation de voitures. Les rues piétonnes et commerciales améliorent aussi la vitalité des villes et les rendent plus conviviales. La mixité des points de services avec les espaces résidentiels réduit la nécessité de prendre la route et permet de faire s’activer la population. Finalement, en densifiant la ville, le transport en commun est facile à utiliser et est plus abordable.



Rue conventionnelle et rue partagée
© Frédéric Harper © Comité populaire Saint-Jean-Baptiste


Pour connaître les pratiques d’aménagements qui réduisent la dépendance à la voiture et qui renforce la convivialité municipale, consultez le mémoire sur l’aménagement durable et l'urbanisme, visionnez le film Saga Cité et la conférence de M. André Daigle dans le cadre des Rendez-vous de l’énergie.Vous pouvez également consulter le Guide pour une ville qui marche, réalisé par le Centre d'écologie urbaine de Montréal (CEUM), qui propose 11 principes pour une ville saine et citoyenne.

Les municipalités peuvent faire appel à la Fondation Rues Principales pour aménager leur centre-ville de manière à réduire l’utilisation de la voiture, à revitaliser les commerces et à redonner les habitudes communautaires aux habitants. Elles peuvent aussi consulter le CRECN qui offre de l'information, des conférences ou formations concernant l’aménagement durable des municipalités.