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L'érosion des berges

Le littoral nord-côtier connaît présentement des problèmes d’érosion des berges. Ce phénomène naturel, qui depuis toujours transforme les rives du Saint-Laurent, est accéléré par les changements climatiques et certaines actions anthropiques. L’érosion des berges se définit par une dégradation ou un déplacement de parties de terre du territoire côtier par les mouvements de la mer et quelques autres facteurs climatiques.

Érosion

Depuis plusieurs années, le phénomène s’accélère avec les changements climatiques. Par ailleurs, ceux-ci sont en partie provoqués par l’activité humaine et la forte utilisation de combustibles fossiles qui en découle. (Pour en savoir plus sur les changements climatiques, consultez la section à ce sujet.)

Les causes naturelles de l’érosion des berges

Les grandes marées et les tempêtes, plus fréquentes et/ou de plus grande amplitude en raison des changements climatiques, sont souvent responsables de la perte de territoires côtiers. En effet, les vagues fortes alliées au vent fragilisent considérablement la structure du sol. La glace qui se forme sur les rives protègent le terrain des vagues et des fortes marées l’hiver sur la Côte-Nord. Par contre, avec les débalancements des températures saisonnières et le réchauffement global, ces glaces sont moins épaisses, moins étendues et parfois même absentes dans la région. Il n’y a donc parfois plus rien d’autre que la rive pour absorber les vagues destructrices des tempêtes.

Les changements de température et les grosses pluies sont aussi responsables du phénomène d’érosion. La roche et les matières minérales (terre, sable, argile…) réagissent aux changements de température en prenant et perdant du volume. Quand la température monte, la matière prend de l’expansion et quand les degrés descendent, elle se contracte. Ces mouvements imperceptibles du sol le fragilisent et créent, avec le temps, des fissures qui cèderont. Les changements climatiques ont encore leur impact puisqu’il en découle des changements de température plus fréquents avec des écarts plus élevés. Les pluie plus abondantes et plus fréquentes sont également une conséquence des changements climatiques pour la région. Celles-ci gorgent d’eau la terre qui une fois saturée, changera de consistance et glissera plus facilement vers la mer.

L’augmentation du niveau moyen des océans, dû à la fonte des grands glaciers qui subissent l’augmentation globale de la température, fait également sentir son effet sur les berges. Cette augmentation de quelques centimètres (environ 20 cm au 20e siècle), parfois difficile à voir à l’œil nu, fait tout de même pressions sur certaines rives.

Les vents forts et l’air salin sont les derniers responsables naturels de l’érosion. Les vents puissants peuvent faire se détacher des parcelles de terres et de sable particulièrement si elles avaient été fragilisées par l’un des autres facteurs mentionnés plus haut. Sur la Côte-Nord, les vents d'Est qui poussent les vagues vers la côte, sont ceux qui entraînent les plus forts phénomènes d'érosion, alors que les vents d'Ouest on l'effet contraire en repoussant les vagues vers le large, en atténuant ainsi les effets. Les changements climatiques peuvent également avoir un effet à ce niveau en modifiant le régime des vents. Les vents étant influencés par des différences de pression et de température, et les effets sur la température des changements climatiques étant évidemment géographiquement inégalement répartis, il pourrait y avoir sporadiquement ou à plus long terme des changements substantiels à ce niveau. L’air salin, pour sa part, gorgent les sols de sel dissous, qui une fois sec reprendra une forme solide. Sous la forme solide, le sel a plus de volume que sous la forme liquide (dissous), ce qui, avec le temps et plusieurs changement de forme, fragilise la structure du sol.

Les causes anthropiques de l’érosion des berges

Si l’érosion des berges est un phénomène naturel à la base, il est accéléré par les changements climatiques et par plusieurs activités humaines.

L’utilisation du territoire riverain pour se loger entraîne des répercussions sur la structure des sols. La compaction du sol, pour construire, entre autre, et pour avoir une pelouse nivelée est une cause de la fragilisation des berges. D’ailleurs, lorsqu’on réduit la végétation sur un terrain, c’est-à-dire lorsque l’on prélève les arbustes et plantes naturelles et indigènes pour installer de la pelouse, le sol s’appauvrit en substance organique et est moins stable. L’aménagement pour poser les fondations ou pour construire un sous-sol et le drainage souterrain insuffisant sont aussi des raisons qui peuvent causer de l’érosion prématurée.

L’utilisation de véhicules sur les plages et les côtes affaiblit le sol à cause des vibrations et du compactage. De plus, si l’utilisation des véhicules se fait sans respect des sentiers, la destruction des herbes, plantes et arbustes de la rive va accélérer le phénomène d’érosion sans compter les effets néfastes qui se répercutent sur la faune avec le bruit et la destruction des habitats et la pollution émise par les véhicules. Il en va de même pour le piétinement de la flore côtière. Cette dernière est très sensible et sera grandement affectée si les sentiers ne sont pas respectés même par les piétons. Par la destruction de ces herbacées, la rive sera nettement affaiblit et ne pourra se protéger de l’érosion.

Il est très important, pour ralentir l’érosion d’un terrain, de conserver son aspect naturel, de maintenir les plantes en place et de ne pas transformer la structure du sol. Lorsque des transformations ont été faite sur une rive, il est possible de la réaménager avec une bande riveraine de plantes indigènes et de minimiser la présence humaine sur la rive. Par ailleurs, il s’agit d’un phénomène naturel et la meilleure façon de ne pas en subir les désavantages est de ne pas s’installer à trop grande proximité de l’eau et de respecter les espaces côtiers (les sentiers, les restrictions, les interdictions…).