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Usages de la forêt

Outre les usages communs de la forêt, comme le bois d’œuvre, les pâtes et papier et le bois de chauffage (la bûche traditionnelle), la forêt renferme une multitude de matières valorisables et le bois peut être utile pour plusieurs autres utilisations moins connues. Il va sans dire que la forêt est aussi un lieu de loisirs inestimable et qu’elle correspond au territoire d’activités traditionnelles des communautés autochtones et non-autochtones du Québec. Bref, la forêt n’est pas qu’un territoire naturel comprenant des écosystèmes variés, c’est un territoire d’une grande valeur pour la population québécoise tant pour la panoplie d’activités qu’elle offre que pour les avantages économiques qu’elle procure.

Produits forestiers non ligneux

La forêt comporte plusieurs produits non ligneux ( le bois caractérisant les produits ligneux) qui sont valorisables et commercialisables. Ainsi, dans cette catégorie de production forestière sont inclus les champignons, les fruits, les herbacées, la sève de l’érable, les résines, etc. La majorité des produits non-ligneux qui sont valorisés en forêt sont des éléments qu’il est difficile de reproduire à l’extérieur de la forêt. Les produits non-ligneux qu’il est possible et facile de cultiver à l’extérieur de la forêts sont plus souvent exploités en culture structurée puisque les coûts sont réduits. À l’exception de la sève d’érable, l’exploitation de ces ressources se fait habituellement en petite quantité puisqu’elle demande une connaissance accrue des territoires forestiers qui la produisent. De plus, la main d’œuvre doit se déplacer sur de grands espaces pour se rendre aux endroits qui produisent la ressource non-ligneuse recherchée. La valeur de certains produits qui sont plus rares et difficiles d’accès s’en voit augmentée comme, par exemple, le champignon tricholome des pins qui peut se vendre à 400$ le kilogrammes.*

Il y a une multitude de produits forestiers non ligneux. Plusieurs types de ces produits sont très différents dans leurs caractéristiques, leur mode de production et l’utilisation qu’on en fait. On classe tout de même les produits dans quatre catégories : les produits alimentaires, les produits de santé et de soins personnels, les matériaux naturels et produits fabriqués et les produits décoratifs.* Il y aurait plus de 500 types de produits non ligneux commercialisés au Canada, mais les plus connu sont sans aucun doute, les champignons, les baies et la sève de l’érable.* Une partie de l’exploitation des produits forestiers non-ligneux est souvent liée à des activités traditionnelles et culturelles, ce qui lui confère une importance supérieure pour les collectivités.

*Les données sont tirées de Ressources naturelles Canada

L’utilisation du bois pour la construction

Le bois doit retrouver ses lettres de noblesse pour la construction structurale et d’apparence au Québec particulièrement dans la construction industrielle et de bâtiments. En effet, depuis plusieurs années, les structures de bâtiments sont en aciers et en béton armé alors que le bois offre la même solidité, avec moins d’impacts environnementaux. La construction avec le bois contribue à la lutte aux changements climatiques puisqu’il s’agit d’un matériau qui a stocké du CO2. Il est évident qu’utiliser du bois produit des CO2 puisqu’il faut le couper en forêt, l’acheminer en usine de traitement, le transporter encore et finalement l’assembler pour la construction. Par ailleurs, toutes les étapes qui font en sorte que le bois de construction produit des gaz carboniques, sont les mêmes pour les autres matériaux de construction à la différence que ceux-ci en émettent aussi pour leur propre construction ( transport des minéraux, transformation des minéraux en matière, transformation de la matière en matériau, etc.). L’utilisation du bois permet de sauver davantage d’émissions de CO2 puisque le gaz qu’il a stocké avant sa coupe est conservé dans la matière, donc non seulement il permet d’en éviter puisque la construction du matériau n’en produit pas, mais il en absorbe avant même son utilisation en construction.

Le bois a aussi de nombreux impacts positifs pour la construction en plus d’être moins pollueur. C’est un meilleur isolant que le béton ou l’acier, il permet donc une économie d’énergie pour le maintien de la température ambiante à l’intérieur du bâtiment. Par le fait même, le bois est un isolant acoustique ce qui lui confère l’avantage pour les salles de spectacles et de réunions par exemple. Le bois est aussi réutilisable et recyclable. Contrairement, au béton qui lors de la destruction d’un bâtiment devient inutile, le bois peut être réutilisé ou transformé (panneaux de composites, granules, briquettes, paillis…). De plus, après une ou plusieurs utilisations en construction, le bois peut être encore utile pour la production d’énergie comme combustible. Le CO2 alors capté et retenu dans le bois est relâché. Malgré tout, les quantités de CO2 émises par la combustion sont les mêmes qui avaient été captées autrefois, le bilan est donc nul. Le bilan peut même être négatif lors qu’il s’agit de bois récupéré de la construction puisqu’il a conservé plus longtemps le CO2, pendant que d’autres arbres poussaient et captaient aussi le gaz, et qu’il a remplacé des matériaux plus émetteurs des GES.

Le bois a aussi l’avantage d’être esthétique naturellement. Il est peu rare de voir une structure de bâtiment en bois laissée à la vue pour son élégance. D’ailleurs, le bois a une capacité extraordinaire de flexibilité en construction. Le génie architectural peut rendre cette matière encore plus créative et esthétique, plus que le béton ou l’acier ne pourront jamais l’être.
Finalement, loin de la croyance populaire, le bois est un matériau sécuritaire lors des feux. En effet, il brûle lentement et de manière prévisible. Il craque avant de céder alors que les poutres d’acier fondent rapidement et sans « s’annoncer » et que le béton armé se déforme à la chaleur. Il répond facilement aux exigences du Code du bâtiment en matière de sécurité incendie et ses capacités peuvent même être encore améliorées avec certaines dispositions pour doubler les exigences de temps pour l’évacuation.

Pour avoir plus d’information concernant le bois en construction, consultez le site de la Coalition Bois.

Biomasse forestière

Lorsqu’on parle d’utiliser le bois pour produire de l’énergie, l’image de la bûche traditionnelle est la première qui nous vient à l’esprit. Par ailleurs, le bois peut produire de l’énergie de plusieurs autres façons que par la bûche de 16 pouces. Les technologies sont sans cesse améliorées et la récupération de plus en plus utilisée. Les foyers de masse, les poêles à granules, les chaudières à la biomasse, la pyrolyse (biohuile) sont autant de procédés qui utilisent le bois et ses résidus pour produire de l’énergie. Plusieurs avantages économiques et environnementaux sont associés à l’utilisation de la biomasse forestière. Premièrement, et comme il est mentionné plus haut, la combustion est carboneutre puisque les CO2 émis ne dépassent pas en quantité ce qui a été captés. Deuxièmement, la ressource est renouvelable. Troisièmement, plusieurs de ces technologies permettent d’utiliser les résidus du bois, donc la matière qui serait laissée sur place lors de la coupe ou qui serait considérée comme déchet à la transformation (copaux, sciures, branches, cimes, etc.) et le bois recyclé, ayant, par exemple, servit pour la construction. Finalement, certaines technologie permettent de réduire les quantités de gaz à effet de serre émises à la combustion et font en sorte que moins de matière est nécessaire pour produire plus d’énergie. Pour optimiser l’utilisation de la biomasse forestière pour la production d’énergie, il est important de bien se renseigner pour choisir le système qui s’adaptera le mieux à votre situation. Vous pourrez d’ailleurs en sortir gagnant pour vos économies, votre santé et pour l’environnement.