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Quoi de neuf?

Mine Arnaud : TOUJOURS EN ATTENTE DES RÉPONSES

(2015-03-19)

Sept-Îles, le 18 mars 2015 – L’annonce lundi par le gouvernement du Québec de l’adoption du décret permettant la délivrance d’un certificat d’autorisation à Mine Arnaud pour le projet d’exploitation d’un gisement d’apatite sur le territoire de la Ville de Sept-Îles laisse en suspens plusieurs questions et préoccupations émises par le Conseil régional de l'environnement de la Côte-Nord (CRECN) et la population lors des audiences du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).

Nous comprenons que le promoteur et les ministères impliqués ont réalisé de nombreux travaux afin de répondre aux préoccupations soulevées par le BAPE. Toutefois, aujourd’hui, les résultats de ces travaux restent inconnus. De plus, certaines questions importantes sont toujours sans réponses et le demeureront à court terme puisque le décret a été adopté sur la foi des engagements du promoteur de réaliser les travaux d’acquisition de connaissances nécessaires.

Le rejet des recommandations du rapport du BAPE portant sur la mise en place d’un Indice de qualité de l’air (IQA), le suivi de l’impact sur la prise d’eau potable de la municipalité et la réalisation d’un inventaire complet de la Baie des Sept-Iles nous préoccupent également. Si nous convenons par ailleurs que les éléments qui font appel à des mesures ou des approches permettant d’évaluer les effets cumulatifs sur le milieu et la population ne sont pas de l’unique ressort ou de l’entière responsabilité du promoteur de ce projet, nous sommes toutefois d’avis qu’il est important qu’il y contribue. En ce sens, les engagements du promoteur visant la caractérisation d’une partie de la Baie des Sept-Iles, notamment l’herbier à zostère, sont des éléments que nous jugeons intéressants, bien que ne répondant que partiellement aux attentes.

De même, la mise en place de stations de mesure de la qualité de l’air par le promoteur ne répond que très partiellement aux préoccupations émises par la population, à savoir l’effet cumulatif sur la qualité de l’air. À notre avis, seul un IQA peut permettre de répondre efficacement à cette préoccupation. Nous croyons que le Ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) doit agir de manière globale dans ce dossier. Nous rappelons que le CRECN et ses partenaires, la Ville de Sept-Iles et plusieurs groupes citoyens réclament un tel geste depuis 2008.

Enfin, en ce qui a trait à la source d’eau potable, nous rappelons l’importance d’agir avec la plus grande prudence dans ce dossier et attendons avec impatience que le promoteur fasse connaitre les études réalisées qui l’amènent à conclure qu’un suivi n’est pas nécessaire.

Nous croyons d’ailleurs qu’il est essentiel, par soucis de transparence, que les résultats des travaux réalisés par le promoteur et les ministères impliqués soient rendus publics et que le Gouvernement du Québec explique mieux comment ce projet, jugé inacceptable par le BAPE il y a un peu plus d’un an, est aujourd’hui acceptable.


À propos du CRECN
Le CRECN est un organisme sans but lucratif d’intérêt public, actif dans la région depuis plus de 20 ans. Issu du milieu et autonome, il a le mandat de promouvoir le développement durable et la protection de l’environnement. Par son action, il favorise la prise en compte des préoccupations environnementales dans les processus de développement régional.


Source :
Sébastien Caron
Directeur général
scaron@crecn.org
(418) 962-6362