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Aires protégées

Qu’est-ce qu’une aire protégée?

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) définit une aire protégée comme :

« un espace géographique clairement défini, reconnu, consacré et géré, par tout moyen efficace, juridique ou autre, afin d’assurer à long terme la conservation de la nature ainsi que les services écosystémiques et les valeurs culturelles qui lui sont associées ». (UICN, 2008)

En décembre 2002, le gouvernement du Québec adoptait la Loi sur la conservation du patrimoine naturel (LCPN) afin de concourir à l’objectif de sauvegarder le caractère, la diversité et l’intégrité du patrimoine naturel du Québec. Dans cette loi, on entend par aire protégée :

« un territoire, en milieu terrestre ou aquatique, géographiquement délimité, dont l’encadrement juridique et l’administration visent spécifiquement à assurer la protection et le maintien de la diversité biologique et des ressources naturelles et culturelles associées ».

À quoi ça sert une aire protégée?

Une aire protégée a comme fonction première la conservation de la biodiversité d’un territoire et des processus écologiques qui lui sont associés. L’aire protégée comporte donc plusieurs bénéfices environnementaux mais également sociaux et économiques, tel que le support à un secteur en croissance comme l’écotourisme. Également, l’aire protégée constitue un atout pour l’aménagement forestier durable, puisqu’elle constitue l’un des indicateurs essentiels des certifications forestières CSA et FSC. D’ailleurs, les marchés internationaux du bois exigent de plus en plus la démonstration que les produits forestiers proviennent de territoires aménagés selon les standards d’aménagement forestier durable.

Bénéfices environnementaux

Maintien de la biodiversité
Suivi de l’évolution naturelle des écosystèmes à l’abri des perturbations d’origine humaine
Conservation des ressources génétiques
Protection des paysages naturels
Protection des espèces en situation précaire
Protection des habitats fauniques et floristiques
Amélioration des conditions climatiques locales et régionales
Séquestration du carbone

Bénéfices sociaux et économiques

Diversification de l’économie locale et régionale
Maintien de la qualité des paysages
Favorise les activités culturelles et traditionnelles
Permet, selon le cas, le maintien d’activités comme la chasse, la pêche et la cueillette
Supporte l’industrie touristique
Éducation et sensibilisation du public

Stratégie québécoise sur les aires protégées

En 2000, dans le cadre de la Stratégie québécoise sur les aires protégées, le Québec se donnait l’objectif de protéger 8 % de son territoire pour 2005.

La sélection des territoires, le choix du statut ou des statuts de protection privilégiés ainsi que les plans de conservation de ces territoires sont effectués par le MDDEP en collaboration avec les ministères et organismes gouvernementaux concernés, dont le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, le ministre de la Culture et des Communications, le ministre des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire ainsi que le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation.

Les principales étapes de la création d’une aire protégée

La première étape consiste à évaluer, en se basant sur le cadre écologique de référence, l’état du réseau d’aires protégées existant en fonction de la représentativité de la diversité biologique du territoire et des données écologiques disponibles. Suite à cette évaluation, le MDDEP identifie des territoires d’intérêt aptes à compléter le réseau en incluant généralement les propositions de locales et régionales issus de divers milieux. De 2002 à 2009, le MDDEP a reçu 766 propositions d’aires protégées issues de la population et d’acteurs du milieu sur l’ensemble du territoire québécois. Le réseau actuel recoupe 23 % de ces propositions.

Par la suite le MDDEP procède à une analyse socioéconomique des territoires d’intérêt afin d’évaluer les répercussions et d’intégrer les préoccupations des divers intervenants concernés. Cette analyse tient compte entre autres des titres miniers, des potentiels hydroélectriques, des droits d’exploitation forestière, des détenteurs de baux, etc. Des rencontres sont organisées avec les détenteurs de droits et les autres intervenants pour présenter les territoires d’intérêt retenus.

À l’issu de ce processus, dans le but de protéger un territoire en vue de la constitution d'une nouvelle aire protégée, le ministre, avec l'approbation du gouvernement, dresse le plan de cette aire, établit un plan de conservation pour celle-ci et lui confère un statut provisoire de protection. À moins que le gouvernement n'autorise une durée plus longue, la mise en réserve d'un territoire est d'une durée d'au plus quatre ans. Elle peut faire l'objet de renouvellements ou de prolongations. À l’heure actuelle, 85 % des aires protégées du réseau québécois bénéficient d’un statut provisoire de protection.

Avant que ne soit proposé au gouvernement un statut permanent de protection pour un territoire mis en réserve à titre de réserve aquatique, de réserve de biodiversité ou de paysage humanisé projeté, le ministre confie le mandat de tenir une consultation du public soit au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) soit à une ou à plusieurs personnes qu'il désigne comme commissaires à cette fin.

Situation actuelle

Les mesures de la Stratégie québécoise sur les aires protégées ont finalement atteint les objectifs initiaux même si le gouvernement a repoussé l’échéancier jusqu’en avril 2009, où la superficie du réseau d’aires protégées a atteint 137 637 km2 soit 8,12 % du territoire. Pour visionner la carte des territoires protégées : http://www.mddep.gouv.qc.ca/biodiversite/aires_protegees/aires-carte.pdf . Le prochain objectif visé par le gouvernement du Québec est de compléter le réseau d’aires protégées en comblant notamment les carences de certaines provinces naturelles en particulier dans le sud du Québec afin d’atteindre une superficie de territoire protégé de 12 % pour 2015.

Le réseau des aires protégées au Québec compte à l’heure actuelle 2482 milieux naturels qui répondent à la définition d’une aire protégée. Il existe 24 désignations juridiques différentes qui peuvent réglementer et gérer ces territoires, cependant pour certaines désignations, comme le paysage humanisé et le paysage humanisé projeté, il n’existe pas encore d’exemple concret au Québec.

  • Écosystème forestier exceptionnel (3 types: Forêt ancienne, rare et refuge)
  • Habitat d’une espèce floristique menacée ou vulnérable
  • Habitat faunique (8 types d'habitats)
  • Milieu marin protégé
  • Milieu naturel de conservation volontaire
  • Parc de la Commission de la capitale nationale (Canada)
  • Parc et lieu historique national du Canada
  • Parc national et réserve de parc national du Canada
  • Parc national du Québec
  • Refuge biologique
  • Refuge d’oiseaux migrateurs
  • Refuge faunique
  • Réserve aquatique et Réserve aquatique projetée
  • Réserve de biodiversité et Réserve de biodiversité projetée
  • Réserve de parc national du Québec
  • Réserve de territoire pour fin d'aire protégée
  • Réserve écologique et Réserve écologique projetée
  • Réserve nationale de faune
  • Réserve naturelle reconnue
  • Paysage humanisé et Paysage humanisé projeté



Registre et classification des aires protégées

Le MDDEP tient un registre des différentes aires protégées, où figurent la superficie, la localisation, le ou les statuts de protection, le ministre, l'organisme gouvernemental ou la personne qui en est responsable, ainsi que le classement respectif de ces aires en tenant compte des différentes catégories reconnues par l'Union mondiale pour la nature (UICN). L’UICN a élaboré un système reconnu internationalement pour la classification des aires protégées qui permet une harmonisation relative à l’évaluation des moyens de protection de la biodiversité de même qu’il facilite la comparaison d’un État à un autre par l’utilisation de critères communs.

Depuis 1994, l’UICN encourage les gouvernements à classer leurs différentes aires protégées dans une des six catégories qui se distinguent par leurs objectifs de gestion. D’ailleurs, ces catégories servent de base au classement dans la Liste des Nations Unies des aires protégées, compilée par le Centre mondial de surveillance continue de la conservation de la nature. Elles couvrent toute la gamme des aires protégées, des réserves intégrales aux paysages humanisés où la conservation de la diversité biologique n’exclut pas la présence de communautés humaines.
Les catégories servent à décrire l’ensemble des activités de gestion qui définissent un réseau d’aires protégées. Ce système est la clef d’une compréhension internationale des aires protégées; il sert à améliorer les normes de gestion de ces aires. ( http://www.mddep.gouv.qc.ca )

Les différentes désignations du Registre des aires protégées au Québec
( http://www.mddep.gouv.qc.ca/biodiversite/aires_protegees/registre/ ) sont par conséquent classées en tenant compte des six catégories de gestion proposées par l’Union internationale pour la conservation de la nature. Pour être admissibles au Registre des aires protégées au Québec, une désignation et un territoire doivent être conformes à la définition d’aire protégée de l’UICN ou de la LCPN; et répondre aux critères de sélection relatifs à une des catégories définies par l’UICN. Les catégories de l’UICN sont regroupées en trois groupes :
Sites de protection stricte (Catégories I et II)
Sites réservés à l’aménagement de l’habitat (Catégories III et IV)
Sites permettant une utilisation durable des ressources (V et VI)

En 2002 au Québec, seulement 20 % des aires protégées existantes étaient classées dans les catégories I à III, alors qu’en 2009, 81 % du réseau était représenté dans les classes I à III. Au Québec, la catégorie III est également associée à des conditions strictes de protection comme les catégories I et II puisque toute activité industrielle y est interdite.

Catégorie Ia : Aire protégée administrée principalement pour la science et la protection de la nature

Espace terrestre ou marin, comportant des écosystèmes, des éléments géologiques ou physiographiques ou encore des espèces remarquables ou représentatives, administré principalement à des fins de recherche scientifique et de surveillance continue de l'environnement.
Exemple sur la Côte-Nord :
Réserve écologique de Matamec
Habitat floristique Merritt-Lyndon-Fernald
Refuge d’oiseaux migrateurs du Gros-Mécatina

Catégorie Ib : Aire protégée administrée principalement pour la protection des ressources sauvages

Vaste espace terrestre ou marin, intact ou peu modifié, ayant conservé son caractère naturel, dépourvu d'habitation permanente ou importante, protégé et géré dans le but de préserver son état naturel.
Exemple au Québec et sur la Côte-Nord : aucun.

Catégorie II : Aire protégée administrée principalement pour la protection des écosystèmes et aux fins de récréation

Zone naturelle, terrestre ou marine, désignée : (a) pour protéger l'intégrité écologique dans un ou plusieurs écosystèmes pour le bien des générations actuelles et futures; (b) pour exclure toute exploitation ou occupation incompatible avec les objectifs de la désignation; (c) pour offrir des possibilités de visite, à des fins scientifiques, éducatives, spirituelles, récréatives ou touristiques, tout en respectant le milieu naturel et la culture des communautés locales.
Exemple sur la Côte-Nord : le parc national du Québec d’Anticosti
Réserve de parc national du Canada de l’Archipel-de-Mingan
Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent

Catégorie III : Aire protégée administrée principalement dans le but de préserver des éléments naturels spécifiques

Aire contenant un ou plusieurs éléments naturels ou naturels et culturels particuliers d'importance exceptionnelle ou unique, méritant d'être protégée du fait de sa rareté, de sa représentativité, de ses qualités esthétiques ou de son importance culturelle intrinsèque.
Exemple sur la Côte-Nord :
Réserve de biodiversité Uapishka
Réserve aquatique projetée de la rivière Moisie
Refuge d’oiseaux migrateurs de l’Île-du-Corossol
Forêt ancienne du Lac-Béluga

Catégorie IV : Aire protégée administrée principalement aux fins de conservation par l’aménagement

Aire terrestre ou marine faisant l'objet d'une intervention active quant à sa gestion, de façon à garantir le maintien des habitats ou à satisfaire aux exigences d'espèces particulières.
Exemple sur la Côte-Nord :
Aire de confinement du cerf de Virginie en vertu du Règlement sur les habitats fauniques

Catégorie V : Aire protégée administrée principalement dans le but d’assurer la conservation de paysages terrestres ou marins et aux fins récréatives

Zone terrestre englobant parfois la côte et la mer, dont le paysage possède des qualités esthétiques, écologiques ou culturelles particulières, résultant de l'interaction ancienne de l'homme et de la nature, et présentant souvent une grande diversité biologique. Le maintien de l'intégrité de cette interaction traditionnelle est essentiel à la protection, au maintien et à l'évolution d'une telle aire.
Exemple au Québec et sur la Côte-Nord : aucun

Catégorie VI : Aire protégée administrée principalement aux fins d’utilisation durable des écosystèmes naturels

Aire contenant des systèmes naturels, en grande partie non modifiés, gérée de façon à assurer la protection et le maintien à long terme de la diversité biologique, tout en garantissant la durabilité des fonctions et des produits naturels nécessaires au bien-être de la communauté.
Exemple sur la Côte-Nord :
Aire de concentration d’oiseaux aquatiques du Banc de Portneuf.
Aire de concentration d’oiseaux aquatiques des Cayes de la rivière Magpie

Sans catégorie : Aire protégée dont la catégorie UICN est présentement en évaluation.

Pour être admissibles au Registre des aires protégées au Québec, une désignation et un territoire doivent remplir les conditions suivantes :
• être conformes à la définition d’aire protégée de l’UICN (1994) ou de la LCPN;
• répondre aux critères de sélection relatifs à une catégorie définie par l’UICN dans ses Lignes directrices pour les catégories de gestion des aires protégées. Exemple sur la Côte-Nord :
Réserve naturelle reconnue du Boisé-de-la-Pointe-Saint-Gilles

Sur la Côte-Nord

De 2002 à 2009, le pourcentage d’aires protégées dans la région administrative de la Côte-Nord est passé de 3,45 % à 6,23 %. Dans la province naturelle des Laurentides centrales, que la Côte-Nord partage avec le Saguenay, la superficie d’aires protégées a varié de 1,09 % à 7,66 %. Dans la province naturelle du Plateau de la Basse-Côte-Nord, la superficie d’aires protégées a considérablement augmenté passant de 1,91 % à 10,02 %. Quant à la province naturelle de l’Estuaire et du Golfe du Saint-Laurent, de 2002 à 2009, le pourcentage d’aires protégées a diminué de 7,09% à 2,99 %, en raison du retrait de l’aire de confinement du cerf de Virginie de l’Île d’Anticosti (7 244 km2) lors de la publication du Registre des aires protégées en 2007. Il est à noter que la représentativité du milieu marin de cette province naturelle présente des carences dans l’ensemble du territoire. Également, seuls deux territoires sur la Côte-Nord, soit les réserves de biodiversité projetés de la Météorite et Uapishka ont obtenu un statut légal de protection depuis les premières annonces de mise en réserve de territoires par le gouvernement du Québec en 2002.