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Biodiversité

Qu’est-ce que la biodiversité?


Le Sommet de la terre à Rio de Janeiro en 1992 a retenu une première définition du terme diversité biologique dans la Convention sur la diversité biologique ( http://www.cbd.int/convention/about.shtml ) qui a été ratifiée par 190 pays à ce jour. En 2002, le Programme des Nations unies pour l’environnement décidait que le 22 mai de chaque année serait la Journée mondiale de la biodiversité.

La diversité biologique - c'est à dire la variété de la vie sur terre - désigne l’ensemble des espèces et des écosystèmes de la planète ainsi que les processus écologiques dont ils font partie. Elle englobe tout ce qui vit, y compris les variétés créées par manipulation génétique ou par croisement sélectif. Cette diversité forme la biosphère, cet enchevêtrement d’organismes vivants qui rend possible l’existence des êtres humains sur la terre. La biodiversité telle qu’on l’observe aujourd’hui est le fruit de l’évolution de la vie depuis plus de trois milliards d’années, au gré des processus naturels, et de plus en plus, sous l’influence des activités humaines.

La notion même de biodiversité est complexe car elle comprend trois niveaux interdépendants :

  • la diversité des écosystèmes à toutes les échelles : la planète Terre, la forêt boréale, un lac , un parc urbain, un arbre mort, signifie donc la diversité de ces milieux de vie et leurs interrelations avec les espèces animales, végétales et avec l'humain.
  • la diversité des espèces (incluant l’espèce humaine) qui vivent dans les écosystèmes, qui interagissent entre elles et qui interagissent avec leur milieu de vie
  • la diversité génétique, soit les différences qui existent entre les individus appartenant à une même espèce ou entre différentes espèces.

La biodiversité fournit un grand nombre de biens et services qui soutiennent notre vie.
( http://www.cbd.int/2010/biodiversity/?tab=0 )

Protéger la biodiversité est dans notre intérêt. Les ressources biologiques sont les piliers sur lesquels nous construisons des civilisations. Les produits de la nature supportent diverses industries comme l'agriculture, les cosmétiques, les produits pharmaceutiques, les pâtes et papiers, l'horticulture, la construction et le traitement des déchets. La perte de biodiversité menace notre approvisionnement alimentaire, nos possibilités de loisirs et de tourisme, et les sources de bois, de médicaments et de l'énergie. Elle interfère également avec des fonctions écologiques essentielles.

Nos besoins concernant des éléments de la nature dont les vertus étaient autrefois méconnues peuvent être importants et imprévisibles. Combien de fois ne nous sommes nous pas précipités vers le placard de Dame Nature pour y trouver les remèdes à nos maladies ou les gènes résistants des plantes sauvages qui vont nous permettre de sauver nos récoltes infestées par des parasites. De plus, le large éventail des interactions entre les différents éléments de la diversité biologique rend la planète habitable par toutes les espèces, y compris l’espèce humaine. Notre santé physique, ainsi que notre santé économique et sociale, dépendent de l’approvisionnement continu en divers services écologiques qu’il serait extrêmement onéreux ou impossible de remplacer. Ces services que nous procure la nature sont si variés qu’ils sont quasiment infinis. A titre d’exemple, il est pratiquement impossible de remplacer, à grande échelle, les services de lutte contre les ravageurs rendus par les différentes créatures qui se nourrissent de ces parasites, ou le service de pollinisation qu’accomplissent les insectes et les oiseaux vaquant à leurs occupations quotidiennes.

Biens et services que nous procurent les écosystèmes

  • Le bois, le carburant et les fibres
  • Les matériaux de construction pour nous loger
  • La purification de l’air et de l’eau
  • La détoxication et la décomposition des déchets
  • La stabilisation et la modération du climat
  • La modération des inondations, de la sécheresse, des températures extrêmes et de la force des vents
  • La fertilité des sols, notamment, le cycle de renouvellement des nutriments
  • La pollinisation des plantes, y compris des nombreuses plantes cultivées
  • La lutte contre les parasites et les maladies
  • La conservation des ressources génétiques qui entrent, pour une part essentielle, dans la production des plantes cultivées et des animaux d’élevage, des médicaments, et d’autres produits
  • Des avantages d’ordre culturel et esthétique
  • La faculté d’adaptation au changement

2010 – Année internationale de la biodiversité

Les Nations unies ont déclaré 2010 l’Année internationale de la biodiversité. C’est une célébration de la vie sur Terre et de la valeur de la biodiversité pour nos vies. Le monde est invité à agir en 2010 pour sauvegarder la diversité de la vie sur Terre : la biodiversité. ( http://www.cbd.int/2010/welcome/ )


Qu’est-ce qui menace la biodiversité?

Dans le monde, l'étalement urbain, le remblayage des plaines alluviales et la déforestation menacent 1/6e des espèces végétales connues. La cause principale de la disparition massive des espèces est la dégradation des habitats, conséquence des activités humaines agricoles, minières, routières, industrielles et résidentielles. En effet, elle touche 9 espèces menacées sur 10 d'oiseaux et de plantes, ainsi que 83% des mammifères menacés.

Les forêts abritent la majeure partie de la biodiversité terrestre connue, mais environ 45% des forêts d’origine sur Terre ont disparu, essentiellement au siècle dernier. Malgré quelques reconstitutions, le recul de la forêt se poursuit à un rythme rapide, particulièrement dans les tropiques. 10% des récifs coralliens – qui comptent parmi les plus riches des écosystèmes – ont été détruits, et 1/3 de ceux qui restent aura disparu dans 10 à 20 ans. Les mangroves, situées le long des côtes, qui constituent un habitat d’importance vitale pour la reproduction d’un nombre incalculable d’espèces, connaissent également une grande vulnérabilité, puisque la moitié d’entre elles a déjà été rayée de la carte. Cette dégradation des habitats est accentuée par les changements climatiques. Deux autres phénomènes participent également à la disparition des espèces soit l'exploitation intensive et directe des espèces en voie d'extinction, ainsi que l'introduction d'espèces invasives.

Selon la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), sont confrontés à un risque d'extinction d'ici un siècle :

  • un mammifère sur quatre
  • un oiseau sur huit
  • un amphibien sur trois

La biodiversité au Québec

Le Québec possède une biodiversité étonnante : près de 40 000 espèces sur le territoire, dont 75 % sont des espèces fauniques et 25 % des espèces végétales. Lorsque l’on parle d’espèces fauniques, il est normal que les premières images qui nous viennent à l’esprit soit celles d’espèces connues telles qu’un orignal, un saumon ou une bernache du Canada. Pourtant, les espèces fauniques du groupe des vertébrés ne représentent qu’une faible proportion de la biodiversité, soit 2 % de la faune. La plus grande proportion d’espèces se retrouve chez les invertébrés (mollusques, crustacés, insectes et araignées), un groupe peu connu, mais très varié et diversifié, qui constitue la base de la chaîne alimentaire et qui s’avère essentiel au maintien de la biodiversité québécoise. De même, au niveau des espèces végétales, 73 % de la flore est constituée de végétaux non vasculaires, soit des lichens, des mousses, des champignons et des algues, alors que les arbres, arbustes et plantes ne représentent que 27 % des espèces présentes au Québec.


Les espèces en péril du Québec


Malgré la richesse de ses milieux naturels, le Québec abrite plusieurs espèces animales en situation précaire. C’est pourquoi, en 1989, le gouvernement du Québec a adopté la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables ( http://www.mrnf.gouv.qc.ca/lois/lois-faune.jsp ), gérée conjointement par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) et par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP). Sur la liste des espèces menacées et vulnérables, le terme « menacée », signifie que la disparition de l'espèce est appréhendée tandis que le terme « vulnérable » qualifie une espèce dont la survie est jugée précaire, même si sa disparition n'est pas appréhendée à court ou à moyen terme.

Au niveau des espèces fauniques, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune a désigné 38 espèces menacées et vulnérables et a identifié 115 autres espèces sur la liste des espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables. Sur la Côte-Nord, 5 espèces menacées et 9 espèces vulnérables fréquentent le territoire, dont le Caribou des bois, écotype forestier (mettre lien vers la page Caribou forestier), et le Garrot d’Islande, dont les premières confirmations de nidifications au Québec ont été répertoriées sur la Côte-Nord en 1998.

Espèces fauniques menacées sur la Côte-Nord

  • Béluga, population de l’estuaire du St-Laurent
  • Carcajou
  • Râle jaune
  • Sterne caspienne
  • Tortue luth


Espèces fauniques vulnérables sur la Côte-Nord

  • Aigle royal
  • Alose savoureuse
  • Arlequin plongeur
  • Caribou des bois, écotype forestier
  • Faucon pèlerin anatum
  • Garrot d’Islande
  • Grive de Bicknell
  • Pygargue à tête blanche
  • Ours blanc

Également, sur la Côte-Nord on dénombre plusieurs espèces fauniques qui figurent sur la liste québécoise des espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables. Voici quelques espèces retrouvées sur le territoire :

  • Bécasseau maubèche rufa
  • Chauve-souris rousse
  • Chauve-souris cendrée
  • Hibou des marais
  • Morue franche, population nord-laurentienne
  • Omble chevalier oquassa, population d’eau douce du sud du Québec
  • Rorqual commun
  • Rorqual bleu

Au niveau des espèces végétales, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs a désigné 50 espèces menacées et 18 espèces vulnérables. Sur la Côte-Nord, 7 espèces menacées et 2 espèces vulnérables sont présentes sur le territoire. De ce nombre, on dénombre des espèces dont la distribution au Québec est limitée à un endroit sur la Côte-Nord par exemple le Chardon écailleux (ou Chardon de Mingan) retrouvé dans l’archipel de Mingan et la municipalité de Havre-Saint-Pierre, et l’Orge des prés dont la seule population connue au Québec se retrouve dans la municipalité de Blanc-Sablon. Également, l’Astragale de Robbins variété de Fernald, est une espèce endémique au golfe du Saint-Laurent c’est-à-dire que les seules populations connues de cette espèce au niveau mondial sont retrouvées dans la municipalité de Blanc-Sablon et à une localisation sur l’île de Terre-Neuve.

Espèces végétales menacées sur la Côte-Nord

  • Aster d’Anticosti
  • Astragale de Robbins variété de Fernald
  • Carex des glaces
  • Chardon écailleux (aussi appelé Chardon de Mingan)
  • Cypripède œuf-de-passereau
  • Drave à graines imbriquées
  • Orge des prés


Espèces végétales vulnérables sur la Côte-Nord

  • Adiante du Canada
  • Matteucie fougère-à-l’autruche