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La santé des lacs

Les lacs du Québec sont sources d'eau potable, de poissons variés, de loisirs divers et de paysages imprenables. Ce sont des raisons qui rendent la préservation de la qualité des lacs importante pour les villégiateurs, mais aussi pour la biodiversité de l’écosystème qui borde le lac. S’il y a quelques causes naturelles qui contreviennent parfois à la santé des lacs, les plus grandes fautives sont d’origine anthropique. C’est pourquoi tous les utilisateurs doivent reconnaître les signes de mauvaise santé d’un lac et doivent connaître quelles en sont les raisons.

Pour tout connaître sur la santé des lacs, consultez la TROUSSE DES LACS en 12 fiches utiles:
Les algues
La chlorophylle
La conductivité
Les cyanobactéries
L'eutrophisation
Former une association
L'oxygène dissous
Le PH
Le phosphore et l'azote
Les plantes aquatiques
La stratification thermique
La transparence


Les cyanobactéries

Un des signes de mauvaise santé d’un lac, et certainement le plus connu, est la présence de cyanobactéries, aussi appelées les algues bleu-vert. Les cyanobactéries sont des microorganismes aquatiques présents naturellement dans un cours d’eau et deviennent problématiques lorsqu’elles deviennent trop abondantes et se reproduisent trop rapidement. Les cyanobactéries peuvent s’avérer toxiques et néfastes pour la faune et pour l’humain. De plus, l’esthétique du lac en est affectée, sa coloration tourne au vert « soupe au pois » et certaines odeurs désagréables peuvent être dégagées. Finalement, les activités recréo-touristiques sont interdites puisqu’il est risqué de toucher l’eau, d’en consommer ou de consommer ses produits.

On reconnaît la présence des algues bleu-vert à la couleur verte (peut parfois être bleue, rouge ou violette) et la texture de l’eau. Il s’agit de la fleur d’eau ou du « bloom » qui compose cette masse visible à l’œil nu. Pour mieux reconnaître les cyanobactéries, consultez le guide d’identification produit par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs.

Généralement, la forte présence de cyanobactéries dans un lac est causée par un trop grand apport en phosphore. Le phosphore provient de plusieurs activités humaines qu’il est important de connaître afin de mieux les contrôler. Ainsi, l’épandage d’engrais, les effluents des installations septiques et l’utilisation des produits phosphatés (savon à vaisselle, savon corporel, shampoing, etc.) peuvent représentés des sources de phosphore. De plus, l’artificialisation de la bande riveraine, les activités agricoles, la modification d’un cours d’eau, l’assèchement d’un milieu humides, l’eau stagnante et l’augmentation de la température de l’eau sont autant de facteurs qui occasionnent la prolifération de cyanobactéries.*


Le manque d’oxygène dissous

Le manque d’oxygène dissous dans le lac est une autre cause de la mauvaise santé de celui-ci. En effet, l’écosystème d’un lac dépend d’une quantité d’oxygène dissous dans les eaux. Les plantes et animaux aquatiques ont aussi besoin de ce gaz pour survivre. Si les quantités d’oxygène dissous dans l’eau diminuent, des espèces qui nécessitent moins d’oxygène pour vivre s’installeront alors que les espèces qui sont plus sensibles aux changements de concentration d’oxygène, comme les poissons, disparaîtront.

Les causes de la diminution d’oxygène dissous dans un lacs s’apparentent à celles de la prolifération des algues bleu-vert. Effectivement, les nutriments alimentent les algues et les plantes aquatiques qui vont couper le passage de la lumière solaire et ainsi réduire considérablement la possibilité de photosynthèse et donc de production d’oxygène au fond du lac. Les eaux calmes et de température élevée sont d’ailleurs moins chargées en oxygène que les eaux froides agitées.


L’eutrophisation d’un lac

Cohérents avec les autres signes de mauvaise santé d’un lac, l’eutrophisation est un phénomène naturel. Sur plusieurs milliers d’années, les lacs vieillissent naturellement et meurent. Un lac jeune est clair, contient peu d’éléments nutritifs et a une faible production biologique, ont dit qu’il est oligotrophe. À la moitié de sa vie, le lac sera mésotrophe c’est-à-dire plus trouble, il y aura plus d’éléments nutritifs et une plus grande production biologique. Finalement, le lac, à la fin de sa vie, aura une eau très trouble, un surplus d’éléments nutritifs et une importante production biologique provoquant une perte de la diversité des espèces. * Si l’eutrophisation est un phénomène naturel se produisant sur des milliers d’années, l’activité anthropique peut accélérer le processus à quelques dizaines d’années. Il va sans dire qu’un lac prématurément eutrophe ne contient plus d’eau potable et que les activités de loisir sont plus que restreintes.

Les cause de l'accélération de l’eutrophisation sont sensiblement les mêmes que celles qui sont responsables de l’apparition des grandes quantités de cyanobactéries et du manque d’oxygène. Il est facile de comprendre que si les signes de mauvaise santé d’un lac sont multiples, les raisons de l’apparition de ces signes sont toujours les mêmes. Les solutions, par contre, ne sont pas toujours évidentes.

La recette pour un lac en santé

La bande riveraine fournie et naturelle est le premier remède à mettre en place pour sauver son lac. Une bande de végétation, si possible entièrement indigène, d’une dizaine de mètre d’épaisseur ou même d’une quinzaine lorsqu’il y a une pente de 30% ou plus, permet de faire ombrage en bordure du lac et ainsi de limiter le réchauffement de l’eau. Elle permet de filtrer et de retenir une grande partie des sédiments et des nutriments apportés par l’eau de ruissellement. La bande riveraine limite l’érosion et permet de réduire la vitesse de ruissellement des eaux ce qui améliore l’infiltration de l’eau dans le sol. Finalement, la végétation en bordure de lac constitue un habitat primordial pour plusieurs espèces terrestres et aquatiques.

Un deuxième remède est de naviguer avec respect. Il est important d’être attentifs au déversements d’huile et de carburant dans le lac, de réduire sa vitesse pour causer moins de vagues qui éroderont les berges et dérangeront la faune, moins de perturbations qui brasseront les sédiments libérant le phosphore et qui affecteront l’habitat naturel et les frayères. Finalement, une embarcation à moteur produit un bruit qui affecte la faune et son hélice arrache la végétation ce qui accentue la prolifération des plantes envahissante. En restreignant la vitesse de navigation et en vous positionnant en eaux profondes, loin des rives, vous améliorez votre impact sur la santé du lac. Vous pouvez aussi choisir un moteur à 4 temps ou électrique et bien l’entretenir pour réduire les déversements et finalement ne rien jeter dans l’eau ou dans la nature.

Réduire les apports de phosphore et d’azote à votre lac est évidemment un remède important pour lui assurer une bonne santé. Premièrement, votre installation septique respecte-elle les normes de localisation, c’est-à-dire la distance au lac ou à ses affluents, a-t-elle été vidangée régulièrement et respectez vous sa capacité de traitement ? Pour tout connaître sur l’installation septique consultez le guide. Deuxièmement, il est important de ne pas engraisser votre jardin ni votre pelouse, ni même avec des produits biologiques. Il est aussi essentiel de supprimer les produits phosphatés de votre consommation.

Pour garantir la santé de votre lac, toutefois, il n’en tient pas qu’a vous. L’ensemble des activités du bassin versant affecteront votre lac tant par la déforestation que par l’agriculture ou l’activité résidentielles. Vous pouvez toujours vous impliquez dans une association de protection de l’environnement de votre lac ou consulter l’Organisme de bassin versant de votre région pour optimiser la qualité de votre lac.

* Ces informations sont extraites du cahier Prendre soin des lacs c'est payant! créé par Bleu Laurentides.