Accueil  |  Le CRECN  |  Le territoire  |  Projets  |  Thématiques  |  Publications  |  Devenez membre
Caribou forestier
Le caribou des bois (Rangifer tarandus) est la seule sous-espèce de caribou que l’on trouve au Québec et trois écotypes y sont représentés. Le terme écotype désigne une population qui présente des caractéristiques génétiquement distinctes adaptées à un type de milieu particulier. L’écotype forestier du caribou des bois - communément appelé « caribou forestier » - vit dans la forêt boréale tandis que l’écotype toundrique, est représenté par les deux grands troupeaux migrateurs de la Rivière aux Feuilles et de la Rivière George, et le dernier, l’écotype montagnard – communément appelé caribou de la Gaspésie, subsiste dans une population d’une centaine d’individus sur les hauts sommets des massifs McGerrigle et des Chic-Chocs en Gaspésie.

L’habitat du caribou forestier, la forêt boréale, couvre le tiers du Québec et est en grande partie constituée d’épinettes noires et de sapins baumiers de taille et d’âge variable. Les lichens terrestres, qui constituent la nourriture principale du caribou forestier en hiver, sont également abondants en forêt boréale. Les types d’habitats utilisés par le caribou forestier varient en fonction des saisons, de la disponibilité de la nourriture, des risques de prédation, de la tranquillité du milieu et, possiblement, de la quantité d’insectes piqueurs. L’hiver, les caribous se concentrent principalement dans les forêts matures de résineux, avec ou sans lichens. Lors de la mise bas en été, les femelles choisissent différents types d’habitats dont les peuplements jeunes et ouverts et les tourbières. Au Québec, le domaine vital du caribou forestier peut varier de 32 à 1 470 km2 selon les individus et les populations. Les inventaires aériens réalisés dans la province au cours des dernières décennies révèlent des densités relativement faibles de l’ordre de 1 à 3,5 caribous/100 km2 ( http://www3.mrnf.gouv.qc.ca/faune/especes/menacees/fiche.asp?noEsp=53 ).

Le caribou forestier est considéré par les scientifiques comme une espèce « parapluie » de la forêt boréale, c’est-à-dire une espèce dont les exigences pour l’habitat sont telles qu’en assurant la protection du caribou forestier on assure également la sauvegarde des espèces qui partagent le même écosystème.

Cependant, depuis le milieu du 19e siècle, l’aire du caribou forestier a diminué considérablement au Canada et on ne le retrouve plus au Québec qu’entre le 49e parallèle et le 55e parallèle, exception faite de quelques hardes isolées dont celles de Val d’Or et de Charlevoix
( http://www3.mrnf.gouv.qc.ca/faune/especes/menacees/cartes_qc/caribou_qc.jpg ). On estime de 3 à 6 000 le nombre de caribous forestiers au Québec, répartis en petites hardes de quelques dizaines d’individus, dont une importante proportion se retrouve sur la Côte-Nord. Les principales causes de ce déclin sont attribuées à la fragmentation du territoire et la raréfaction de grandes superficies intactes de forêt boréale en raison de l’exploitation forestière, minière et hydroélectrique du territoire. Le dérangement occasionné par les activités récréatives, telles que l'ouverture de chemins, la motoneige et la villégiature représente également une menace. Également, la prédation des jeunes du caribou forestier par le loup est une cause engendrée par la venue de l’orignal dans les zones de coupes forestières.

En mai 2000, le caribou forestier a été désigné menacé par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et la chasse sportive au caribou est interdite au sud du 53e parallèle depuis 2001, bien que sur la Côte-Nord, certaines communautés autochtones pratiquent encore aujourd'hui la chasse traditionnelle de subsistance. En mars 2005, le gouvernement du Québec désignait le caribou forestier espèce vulnérable en vertu de la Loi sur les espèces menacées et vulnérables. Cette reconnaissance légale a mené à l'élaboration du Plan de rétablissement du caribou forestier au Québec – 2005-2012 dont la publication n’a cependant été rendu publique qu’en mars 2008. Le plan d’action pour le rétablissement du Caribou forestier au Québec propose une trentaine de mesures, visant le taux de survie, la conservation d’habitats adéquats, le maintien de l’intégrité de la forêt boréale, l’information et la sensibilisation des citoyens et la recherche et le développement des connaissances. L’équipe de rétablissement du caribou forestier du Québec regroupe plus d’une trentaine de membres provenant de ministères provinciaux et fédéraux, de communautés autochtones, d’universités, d’industries forestières et de groupes environnementaux. Son mandat est de continuer la mise en œuvre du plan de rétablissement. À cette fin, six groupes de mise en œuvre (GMO) ont été formés sur la base des champs d’intervention déterminés comme étant prioritaires pour les années à venir, c’est-à-dire les développements anthropiques, les aires protégées, les stratégies d’aménagement forestier, la chasse autochtone, les communications et l’organisation d’un colloque provincial. Le colloque intitulé – Le caribou forestier : un enjeu de biodiversité et de développement durable, s'est tenu du 16 au 18 novembre 2010 à Chicoutimi.